
Une pièce de Mohamed Kacimi adaptée et mise en scène par Tess Picchiottino, en collaboration avec Théotime Jéhanno.
Distribution : Océane Vienne (Zélie), Emy Loisnard (Rosa), Lana Barré (Marylou), Mathilde Baltazart (Lily), Anna Murgu (Frida) et Lyl Stringari (Barbara).
Direction artistique : Mattéo Rossi
Décor : Constance Luquet
Costumes : Pauline Vitry
Technique : Benoît Chapelier
Photographie & making- off : Esteban de Carvalho
Date de la Première : mars 2025
« Dans l’intimité d’une bibliothèque de prison, cinq femmes troquent leur promenade contre des instants de liberté rêvée, portés par les mots et les blessures partagées. Quand Frida arrive avec son histoire d’amour et de maternité brisée, la pièce de Musset devient le miroir de leurs âmes, révélant leurs failles, leurs combats… et leur humanité. »


Quand Tess Picchiottino, metteuse en scène, m’a proposé ce rôle, je n’avais aucune idée concrète de ce qu’était réellement le monde carcéral, bien loin des clichés véhiculés par certains films ou séries.
On dit souvent qu’il faut être l’avocat de son personnage. Pour Lily, cela me semblait plus qu’essentiel : comprendre tout ce qui avait pu la conduire en prison. Lily est une jeune femme brisée par les violences familiales, notamment l’inceste, livrée à elle-même dans un monde dont elle ne possède pas vraiment les codes. Quelques années plus tard, elle tue son mari violent, et se retrouve incarcérée.
Le travail de recherche a été très marquant. Nous avons eu la chance de rencontrer des Wakeurs (« personne qui fait un passage en prison, décide de changer de chemin, a conscience d’avoir besoin d’aide et fait appel à l’accompagnement Wake up Café »). Ils nous ont parlé de leurs expériences, de leurs peurs, de leurs doutes, et de la manière dont les murs d’une prison transforment la perception du monde, des émotions, de soi.
Ces échanges ont profondément modifié ma vision de la justice, de la culpabilité, et du système carcéral. J’ai eu à cœur, sur scène, de porter la voix de Lily avec humanité, pour que le public ressente sa souffrance, comprenne ses choix, et ne voit pas une meurtrière, mais une femme marquée par la violence. Une femme qui a réagi, peut-être mal, mais qui a survécu.
Je voulais que les spectateurs sortent de la salle en se demandant : « Et moi, qu’aurais-je fait à sa place ? »
Ce rôle a été un véritable défi. Il m’a fait grandir, m’a poussée dans mes retranchements, et m’a transformée en tant que comédienne.